Craintes d’une soumise novice
Par soumise Mimi
Article mis en ligne le 21 janvier 2018
dernière modification le 23 janvier 2018

par Mimi

D’abord, ma vision de mot ‘crainte’ : C’est d’avoir peur d’avance de ce qui suppose être menaçant, soit par idées préconçues ou par ce dont on a déjà eu peur (traumatisme). Les craintes sont donc plus des réflexions (souvent influencées de quelques façons) que de véritables peurs. Certaines peurs sont surpassables, car elles sont plutôt des craintes. Les vraies peurs sont ancrées en nous. Nous apprenons à vivre avec soi en les alimentant ou pas. En les enfouissant ou pas. Parfois elles nous démangent, on croit aussi les avoir survécu. Mais non, les peurs dorment en nous. Elles sont toujours là mais à divers niveaux.

Cela dit, je suis conscience que les craintes et peurs de tout(e) soumis(e) novice peuvent être différentes et propres à chacun(e). Mon texte est basé sur ma perception, mon vécu BDSM   jusqu’à présent.

Depuis deux décennies que je suis attirée par le BDSM, mais je n’ai jamais osé expérimenter pour diverses raisons. Pourquoi ? Sans ordre : carrière, famille, valeurs, manque de temps, trop de craintes, d’incertitudes, de tabous, de peur, de préjugés envers ce mode de vie. (J’ai commencé mes démarches il n’y a pas deux mois)

Je ne crois pas qu’il existe beaucoup de raisons d’avoir peur de vivre le BDSM (Oui il y en a). En revanche des craintes, il y en a et possiblement en quantités infinies.

J’en partage quelques-unes (plusieurs peuvent se ressembler et appartenir à une même catégorie) :

  • Craindre le jugement de la société
  • Craindre le rejet, l’abandon de nos proches
  • Craindre l’incompréhension des gens
  • Craindre de se faire pointer du doigt, rabaissée
  • Craindre de se faire dire en pleine face que je ne suis pas normale
  • Craindre de se faire dire et encore pire de croire que j’ai un problème psychiatrique
  • Craindre les réactions des gens qui ne sont pas ouverts d’esprit
  • Craindre le manque de respect
  • Craindre que notre première expérience soit trop ‘hard’ et de ne plus jamais vouloir réessayer.
  • Craindre d’être mauvaise (par cause de gêne, de manque d’expérience de connaissances en BDSM)
  • Craindre d’attribuer sa confiance à quelqu’un de mauvaise foi. D’avoir un mauvais Dom/Maitre.
  • Craindre de sortir de sa zone de confort
  • Craindre le non-respect de mes limites et désirs
  • Crainte de mes réactions

Oui ces craintes je les ai toutes eues (en 20 ans, j’avoue que j’en ai eu surement plus). Certaines sont restées plus longtemps que d’autres. Quelques-unes sont apparues et disparues en un clin d’œil. D’autres sont encore présentes à des niveaux moindres.
J’en conclus que toutes mes craintes ont un point en commun : L’ignorance, le manque d’information, d’expérience en BDSM.

Les craintes les plus intenses, je les identifie comme des peurs :

  • Peur de tomber sur un salaud de la pire espèce et me faire violer, abuser, voire même violenter (oui des menteurs, manipulateurs, abuseurs et violeurs vivent partout dans notre société).
  • Peur d’être simplement une proie
  • Peur d’avoir des marques ou blessures irréversibles

Qu’ai-je fait jusqu’à présent pour les vaincre ?
Me renseigner de diverses façons et à différents endroits. Mais surtout, ce qui m’a aidé le plus est la discussion avec des gens d’expérience. Je ne me gêne pas de poser les mêmes questions à différentes personnes. Les réponses sont parfois étonnantes et diversifiées. Ne pas m’emballer et monter sur un nuage si les discussions sont très intéressantes. Ne pas nécessairement croire le premier venu et de se lancer dans ses bras. Respecter mes ‘feelings’ et mes valeurs.

Oui l’alimentation de la flamme dans le début des contacts peut parfois vouloir me donner l’envie de foncer immédiatement pour vivre ma première expérience. Jamais je ne le ferai les yeux fermés. Je vais intérieurement prendre du recul, méditer et analyser. S’il y a ne serait-ce qu’un seul minime doute… je risque d’arrêter le tout là. J’en suis capable, je l’ai déjà fait !

L’inconnu, oui ça craint, ça fait un peu peur. Mais pour savoir ce qu’il y a de l’autre côté de la porte, il ne faut pas la défoncer, mais plutôt commencer par la débarrer afin de pouvoir l’ouvrir. Je sais, tout n’est pas nécessairement plus beau de l’autre côté.

Peu importe la/les raisons fondamentales qui m’incitent à vouloir être initiée et pratiquer le BDSM, je n’oublie jamais mes deux prénoms : PRUDENCE et PATIENCE, car ils sont importants pour moi.