Le Lien DS, amour et tendresse en BDSM
Article mis en ligne le 29 octobre 2017
dernière modification le 12 novembre 2017

par Mestre Ulysse

 Un sujet épineux

Pour certains, le BDSM   est purement une quête de plaisir sans tendresse, sans amour et tout sentiment naissant fait abandonner la relation. Pour d’autre, la tendresse à sa place (mais pas l’amour) car elle cimente le LIEN, cet attachement fort, cette osmose Maître soumise que beaucoup recherchent. Il y a ceux qui concilient et qui revendiquent des amours BDSM et qui les officialisent par des mariages BDSM.

Souvent les soumises viennent au Bdsm pour plusieurs raisons :

  • Elles pensent y trouver du plaisir, du sexe pur, intense sans attachement
  • Elles recherchent une relation fusionnelle totale Maître - soumise.
  • Elles veulent lâcher prise, s’abandonner, parfois être une autre
  • Certaines cherchent une structure, une élévation, à acquérir des nouvelles habiletés et connaissances, sortir de leur milieu…
  • Certaines veulent un profond attachement sans les affres et les complications amoureuses.
  • D’autres quelque chose de simple, sain, avec des règles claires, de l’intensité sexuelle et émotionnelle, de l’épanouissement et verront comment cela évolue.

Il y a autant de motivations pour faire du Bdsm que de soumises et Maîtres.

Mais il y a des constantes que nous allons passer en revue.

 Le contrôle de soi

Le BDSM, la relation DS est basée sur le contrôle de soi. Le BDSM est plaisir, est passion, est sensations fortes. On y vit des pulsions sexuelles d’une force et d’une intensité fabuleuses. Les émotions sont fortes. De ce fait, certaines personnes vont associer la force de ce qui est ressentit à de l’amour. Mais cela n’en est pas dans la majorité des cas. Il s’agit du mystérieux et indéfinissable LIEN qui unit si fortement Maître et soumise. Le BDSM, à des règles, des protocoles qui permettent de se contrôler et d’éviter tous les débordements de l’amour vanille qui souvent scellent la fin de la relation BDSM.

 Un monde parallèle

Lorsque l’on devient soumise, on devient une personne différente.
On transgresse en secret des tabous sexuels et comportementaux.
On obéit à des codes, à des règles qui en ces temps d’égalité des sexes, de féminisme ne sont plus acceptés et on y prend du plaisir ! On a des pratiques sexuelles souvent intenses, voire extrêmes mal perçues par les bien pensant. On se libère de sa famille, de sa classe sociale, de ses préjugés, de ses tabous et on devient quelqu’un d’autre. Cette autre personne qui porte un collier, comme un animal domestique, comme une esclave, ce n’est pas vous, ce n’est pas la personne que vos proches connaissent. Vous avec un autre nom, votre nom de soumise, vous portez des tenues sexy et vous vivez votre passion pour le BDSM dans un monde parallèle souvent inconnu de vos proches.

 LE LIEN

Le Dominant vit le même processus. Vu le charisme, la force des émotions ressentie lors des différents jeux sexuels et Bdsm, un attachement va se créer. Cet attachement est ce que l’on appelle le lien. Ce lien permet à la soumise de se nourrir de la force, de la puissance du Maître et de grandir, de prendre de l’assurance. Confiance, respect, tendresse et appartenance le caractérise. La soumise se donne sans autre attente que satisfaire son seigneur et Maître. Les questions morales, les convenances sociales, volent en éclat, plus rien d’autre ne compte que la volonté, que d’être sienne, que la joie et le bonheur d’être sa chose. Pour le Maître c’est une forte responsabilité qu’il doit assumer en offrant un univers Bdsm à la mesure de l’imaginaire de sa soumise qu’il doit alimenter et renouveler en permanence avec patience et savoir faire. Voir s’épanouir petit à petit sa soumise, la rendre plus heureuse, plus autonome, s’affirmer dans sa vie de tous les jours et un plaisir, une satisfaction sans prix pour le Maître.

Dominant et Soumise n’existent pas l’un sans l’autre. Sans cette synergie, cette harmonie qui pourrait ressembler à un amour parfait.

La force du lien est considérable. La soumise va vivre les fortes jouissances de sa vie, découvrir le subspace   et des extases infinies. Un bon Maître par son charisme, son magnétisme peut parfois d’un regard, d’un geste, avec un doigt qui effleure à peine la vulve déclencher des orgasmes à répétition, la rendre fontaine…

 Le bris du lien

Lorsque le lien se brise, par la volonté du Maître ou de la soumise, le vide est immense. Une loi immuable est que chacun peut reprendre sa liberté à tout moment. Je ne suis pas d’accord avec. Le don que fait la soumise est tellement grand et fort qu’un Maitre ne doit pas le casser sauf en cas de faute grave de la soumise. Par contre la soumise doit pouvoir garder ce privilège en tout temps.

Éthique du Maître :

  • La soumise est libre de partir à tout moment. Si elle part, la faute en incombe au Maître qui doit l’assumer car il n’a pas su la satisfaire.
  • Le Maître ne peut pas rompre ses engagements sauf si la soumise commet une faute grave. Le Maître doit être fiable, toujours présent et disponible pour celle qui se donne à lui entièrement.

Avoir tout donné à l’autre, avoir vécu des moments d’une intensité et d’une force inconnue avant, les plus fortes jouissances de son existence, avoir surfé sur le subspace ou s’y être plongé avec délices et tout d’un coup, plus rien ! C est un choc difficile à surmonter pour le partenaire qui n’a pas choisi l’arrêt, souvent brutal de la relation. On se sent trahi, abandonné… et cela peut provoquer une profonde dépression.

La soumise est particulièrement vulnérable à cela car souvent le Maître a plusieurs soumises et quitte sa soumise pour une autre par lassitude, parce qu’elle est plus belle, plus jeune, plus libérée... alors que la soumise c’est donné totalement à un Maitre et le quitte rarement pour un autre.

Il y a souvent des signes avant coureur du bris du lien. Moins de rencontres, des reproches…

 Est-ce que le lien est amour ?

Le Bdsm obéit à des règles, à des rites et tant qu’ils sont respectés, tant que chacun est dans son rôle, le lien reste actif et puissant. Tout est fait en BDSM pour que cela soit fort, intense sans vivre les affres de l’amour en cas de séparation. Chacun joue un rôle, chacun est quelqu’un d’autre. La personne pour laquelle on va s’attacher est une personne secrète qui n’existe pas dans le monde ordinaire. Aimer sa soumise ou aimer son Maître, c’est comme aimer Superman. Superman a deux personnalités, deux visages, deux vies. Et si superman peut être un personnage fascinant, Clark, le reporter est moins reluisant. Aimer Superman et se retrouver dans les bras de Clark, risque d’être tout un choc !

Tout dépend de la personnalité du couple Maître soumise et de la dynamique instaurée.

Dès que l’un ou l’autre remet en question la relation Bdsm, parle d’amour vanille, la force du lien va s’estomper, la relation va devenir banale et va disparaître avec des plaies au cœur pour au moins l’un des deux et parfois pour les deux.

 La tendresse en DS

Comment ne pas en éprouver pour un partenaire qui vous donne tout ?

La tendresse est une forme d’affection, de sensibilité et de considération bienveillante à l’égard d’un autre sans qu’il existe d’élément de contrainte que la passion ou le désir pourrait susciter.

Source Wikipédia

Il est bon de manifester sa tendresse pour renforcer le lien, pendant la séance, après la séance lors d’une pause tendresse pour évacuer le surplus d’émotions vécue. Une relation DS sans tendresse

 Couple DS, couple idéal ?

Une relation DS équilibrée, la quête de la perfection POUR L’AUTRE est mutuelle.
Chacun des deux partenaires est transcendé par sa volonté de tout donner à l’autre.

Tant que les valeurs qui font de la soumise un être aimant exceptionnel, par exemple, l’attachement et le don de soi, la volonté de plaire, de faire plaisir, volonté accompagnée du sentiment de bonheur que cela apporte, sont présentes dans la relation tout est bien (avec la même démarche pour le maître bien sur).

Un arrêt du bdsm, une perte de ses valeurs, de libido et souvent la relation cesse.
C est un effort permanent à faire pour se réinventer et satisfaire l’autre qu’il faut. Avec un cadre BDSM, on peut vivre une très longue relation parfaite et harmonieuse débarrassée des aléas des relations ordinaire et bien plus intense et respectueuse.

 Amour vous avez dit amour ?

Gros débat… je vous en laisse juge.

Sur un site web spécialisé, les 5 critères de l’amour vrai :
Trouver l’autre mystérieux
Avoir peur de le perdre
Accepter de s’engager avec lui dans l’inconnu
Éprouver du désir
Se sentir exister

Selon wikipédia :

L’amour désigne un sentiment d’affection et d’attachement envers un être vivant ou une chose qui pousse ceux qui le ressentent à rechercher une proximité physique, spirituelle ou même imaginaire avec l’objet de cet amour et à adopter un comportement particulier.

En tant que concept général, l’amour renvoie la plupart du temps à un profond sentiment de tendresse envers une personne. Toutefois, même cette conception spécifique de l’amour comprend un large éventail de sentiments différents, allant du désir passionné et de l’amour romantique, à la tendre proximité sans sexualité de l’amour familial ou de l’amour platonique et à la dévotion spirituelle de l’amour religieux. L’amour sous ses diverses formes agit comme un facteur majeur dans les relations sociales et occupe une place centrale dans la psychologie humaine, ce qui en fait également l’un des thèmes les plus courants dans l’art.

Le verbe français « aimer » peut renvoyer à une grande variété de sentiments, d’états et de comportements, allant d’un plaisir général lié à un objet ou à une activité (« j’aime le chocolat », « j’aime danser ») à une attirance profonde ou intense pour une personne (« Roméo aime Juliette ») ou plusieurs personnes (« Il aime ses enfants »). Cette diversité d’emplois et de significations du mot le rend difficile à définir de façon unie et universelle, même en le comparant à d’autres états émotionnels.

En BDSM, l’amour est un piège, car la personne que vous aller aimer n’existe pas dans la vraie vie. La personne n’existe que tant que dure le lien BDSM. Si le lien cesse, la relation va se dégrader car des attentes ne seront plus satisfaites pour l’un ou l’autre des partenaires.

 Deux règles immuables à respecter :

  • L’arrêt de la relation BDSM marque l’arrêt de la relation totalement.
  • Une relation finie ne reprend jamais.

Respecter ses deux règles vous éviteras bien des souffrances…
Elles doivent être clairement énoncées dès le début de la relation.

À cela je fais une exception, l’amour BDSM, amour véritable et rare qui peut s’affranchir de ses deux règles. Amour rare, je connais des couples mariés qui le vivent.